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Problématiques


Méconnaissance et mésinformation


Déconnexion des gens à la terre

Notre système alimentaire nous abreuve de produits qui viennent de l'autre bout de la France, de l'Europe ou du monde.
La plupart du temps, nous ne savons pas d'où viennent les ingrédients de nos aliments, dans quelles conditions ni par qui ils ont été cultivés. 
On ignorerait même qu'il faut de la terre, de l'eau, des conditions climatiques favorables pour que ces productions soient possibles.
Cette ignorance quant aux réalités de la production alimentaire, la perte du lien avec la terre et les paysans, explique sans doute le faible niveau de mobilisation de la société civile sur les questions d'agriculture ou sur les choix de consommation. L'arrivée des produits dans nos supermarchés et nos assiettes apparaît comme une évidence que nous ne questionnons guère.

Gaspillage alimentaire

L'une des conséquences de cette déconnexion entre les personnes et la terre est l'important gaspillage qui a lieu à toutes les étapes de la production et de la consommation alimentaire.
D'après les chiffres du ministère de l'écologie, le gaspillage alimentaire représente près de 4,3 millions tonnes de déchets issues des parties comestibles des aliments (aliments non-consommés encore emballés, restes de repas, etc.).
Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’ADEME à 3 % de l’ensemble des émissions nationales.

Les gens qui portent des messages d'alimentation saine et durable n'ont pas accès aux médias mainstream

Lorsqu'on parle d'alimentation dans les grands médias, c'est le plus souvent sous l'angle de l'inflation, pour mesurer l'évolution du prix du kilo de pâtes ou du litre d'huile ; les questions de santé et de soutenabilité sont rarement abordées. Et quand, c'est la cas, les discours utilisés sont culpabilisants, surtout pour les personnes en situation de précarité qui aimeraient consommer des produits sains et durables mais qui n'en ont pas les moyens. 

Méconnaissance autour des produits alimentaires et de leurs conséquences sur la santé :

L'alimentation est le lieu de nombreuses idées reçues.
On s'imagine par exemple, que les prix des producteur.ice.s locaux sur le marché, en circuit- court, sont plus élevés que ceux du supermarché à qualité égale.
La place de la viande dans notre alimentation est elle aussi l'objet de croyances, liées à l'idée qu'il faut consommer beaucoup de protéines pour être en forme. Ainsi, notre consommation de viande a explosé, passant de 20 kg à 90 kg de viande par an et par personne entre le début du XIXe siècle et les années 2000 - alors que la part des légumineuses a été presque divisée par 7.  Or, la surconsommation de viande (hors volaille), en particulier viande rouge et viande transformée, entraîne, selon des études médicales, l'augmentation du risque de cancer colorectal, de maladies cardio-vasculaires et du diabète de type 2.
Pour le chercheur Anthony Fardet, il faut au contraire opter pour la règle d'or des 3V dans l'alimentation: Vrai (non transformé), Végétal et Varié.
 

Impact de la publicité sur nos pratiques alimentaires:

Le budget de la publicité des acteurs de la transformation et de la distribution est de 5,5 milliards d’euros (5500 fois plus élevé que le programme de communication du PNNS (Plan National Nutrition Santé) de 2014 « Manger 5 fruits et légumes par jour »). La moitié des dépenses sont faites pour la publicité qui concerne des produits à faible valeur nutritionnelle. Restauration rapide, chocolats et boissons sucrées font l’objet des plus gros montants. La publicité nous dit d’éviter de manger « trop gras, trop salé, trop sucré » mais il n’y a pas de publicité pour les pommes, les cotes de blettes et les haricots secs… On ne nous fait envie, justement, qu’avec ces produits qui nous font grossir et nous rendent malades. On nous vend des produits ultra-transformés dans lesquels il y a très peu de « vrais aliments » (ce que le chercheur Anthony Fardet appelle la « fake food », des recombinaisons avec des additifs, barres chocolatées ou plats préparés...)  Puis on nous culpabilise de les consommer... Rappelons enfin que les enfants sont les principales cibles de la publicité pour les produits sucrés et leur comportement de futur consommateur.ice est conditionné dès leur plus jeune âge, en associant sucre et plaisir.