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Problématiques


Difficulté d'accès à une alimentation saine


Les français consacrent une part de moins en moins importante à l'alimentation dans leur budget

"La part de la consommation consacrée aux produits de l’agriculture et des IAA (produits alimentaires bruts et transformés, boissons, plantes et fleurs, produits de la sylviculture, produits pour animaux, tabac) dans la dépense totale de consommation a fortement diminué entre 1950 (41,3 %) et 2007 (15,9 %). Elle s’est redressée de 2008 à 2013, avant de se stabiliser entre 2013 et 2019 (16,8 % en moyenne sur cette période). En raison de la structure particulière des dépenses de consommation pendant la crise sanitaire de la Covid-19, cette part a connu un pic marqué en 2020 (18,5 %), avant de revenir progressivement à son niveau d’avant-Covid (16,2 % en 2024)."
Source : AGRESTE, GRAPH’AGRI 2025

Le budget des foyers se restreint de plus en plus : l'alimentation est la principale variable d'ajustement des dépenses du ménage.

Dans un contexte de tension économique, il est difficile de faire baisser ses dépenses de logement, de transport, de téléphonie ou d'autres services. La note des courses alimentaires apparaît comme la seule qu'un ménage puisse faire baisser, le plus souvent en se tournant vers des produits de moindre qualité, voire en abaissant les quantités de nourriture achetées.
"Il existe une faible visibilité de la pauvreté dans les communes rurales, notamment pour les personnes âgées seules. L’accessibilité alimentaire y est plus difficile par l’éloignement de l’offre de service  (commerciale, alimentaire, institutionnelle) polarisée autour de la ville du Puy en Velay. Il est nécessaire de parcourir une distance plus longue pour accéder à l’aide alimentaire." https://www.agglo-lepuyenvelay.fr/projet-alimentaire-territorial/

Problèmes de l'accès aux produits bio et locaux

L'accès aux produits sains, bio et locaux peut être restreint pour des raisons budgétaires, mais il peut l'être aussi pour des raisons sociales et culturelles et à cause de certaines croyances.  Certains lieux comme les marchés de plein air, les magasins bio ou les magasins de producteurs sont ressentis comme  " faits pour les riches", " pour les écolos", en tout cas "pas pour tout le monde". Certaines personnes peuvent se sentir mal à l'aise, pas à leur place dans ce type de commerces et ne s'autorisent pas à les fréquenter. De plus, la croyance selon laquelle c'est forcément plus cher ailleurs qu'au supermarché est tenace. Pourtant, il est par exemple plus avantageux de commander des légumes bio et locaux dans une AMAP que d'acheter les mêmes légumes au supermarché, où la marge du magasin sera très importante. Une des participantes de la Caisse Locale d'Alimentation de Brioude a aussi pu constater que certains produits étaient plus abordables à la Biocoop que dans les commandes groupées qu'elle passait sur internet. L'accessibilité à une alimentation locale et de qualité est donc un problème complexe qui dépasse de beaucoup la seule question des prix.

Beaucoup de personnes en précarité qui ne mangent pas à leur faim ou ne choisissent pas leur alimentation

En France, d'après une étude CREDOC 2023, 16% des français déclarent ne pas manger à leur faim (insuffisance alimentaire quantitative) et 42 % déclarent ne pas manger vraiment ce qu'ils voudraient (insuffisance alimentaire qualitative).
 
En 2023, l'Agence Nouvelle des Solidarités Actives (ANSA) dans le cadre d'un projet d'accompagnement des services de l’Etat de plusieurs départements rhônalpins à lancer ou améliorer leur coordination départementale de lutte contre la précarité alimentaire a cartographié la précarité alimentaire dans les communes de la Haute-Loire, comme en témoigne cette carte du département. Elle met en avant les communes qui sont à plus haut risque de précarité alimentaire, non pourvues en aide alimentaire. La majeure partie de ces communes sont situées à l'Ouest du département. Ce rapport relève également "un point d’attention à garder en tête pour intervenir dans des zones très rurales : la difficulté dans ces territoires pour les personnes de demander une aide alimentaire (tabou de l’aide alimentaire, impossibilité de l’anonymat)". Ces chiffres sont confirmés par les associations d'aide alimentaire comme à Brioude où les Restos du Cœur ont vu une augmentation de la fréquentation de plus de 11% entre mai et septembre 2025.
 
Ajoutons que "ces dernières années, les associations d’aide alimentaire constatent une baisse des volumes récoltés lors des ramasses et des collectes, conséquence des prix chocs/soldes pratiqués en magasin, de l’inflation et de la baisse du pouvoir d’achat d’une partie de la population". (source : https://www.agglo-lepuyenvelay.fr/projet-alimentaire-territorial/)

Tarif des cantines scolaires avec problèmes d'exclusions quand non paiement

Pour certaines familles, les tarifs de la cantine demeurent trop élevés. Elles font parfois le choix de ne pas inscrire leurs enfants à la restauration scolaire ou prennent le risque de se voir exclues de la demi-pension en cas de non-paiement des factures de cantine. Inversement, pour certains enfants, le seul repas chaud et complet de la journée sera celui qui est pris à l'école à midi.
 
D'après le rapport "La précarité alimentaire dans les communes de Haute-Loire" de l'Agence Nationale des Solidarités Actives (ANSA) publié en 2023, parmi les 18 communes les plus à risque de précarité alimentaire en Haute-Loire,  "14 sont éligibles au dispositif « cantine à 1 euro » et deux communes, les communes de Paulhaguet et du Chambon-sur-Lignon, l’ont effectivement mis en place." La mairie de Brioude a lancé cette initiative en septembre 2025.

Santé publique (diabète, malnutrition, additifs)

Nous assistons de nos jours à de véritables "épidémies du mangeur" au sens où un nombre important de nos pathologies sont directement dues à notre alimentation. D'après le rapport "L'injuste prix de notre alimentation", l'épidémie de surpoids (incluant l'obésité) touchen France, 1 adulte sur deux et un enfant sur 5. Le surpoids engendre des maladies cardiaques, contribue à l’hypertension, à la maladie d’Alzheimer, à de nombreux cancers...
Le diabète quant à lui est en augmentation de +160 % entre 2001 et 2022. 90 % des diabétiques souffrent de diabète de type 2.
Les dépenses publiques engendrées par ces deux causes de pathologies coûtent 12,3 milliards d’euros  à la sécurité sociale, selon l’étude « L’injuste prix de notre alimentation », mais il y a d’autres coûts qui ne sont pas pris en compte : incapacités de travail, dépendance...